Témoignages, partie 1

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«Depuis le début de cette année,je m’occupe de personnes âgées, chez elles. Je les aide à se laver, à s’habiller, je fais les courses, les repas, un peu de ménage.
Par rapport à mon expérience précédente dans une maison de retraite, c’est le jour et la nuit!
J’ai été horrifiée par ce que j’y ai vu, au point de me demander si je n’avais pas fait fausse route en m’engageant dans cette voie professionnelle.
Je travaillais en Seine-Saint-Denis. De l’extérieur, le bâtiment de trois étages avait l’air très bien. A l’intérieur, c’était l’enfer…

A 8 heures, on commençait par changer les personnes incontinentes et les habiller. Le matin, ils étaient parqués – il n’y a pas d’autre mot – dans une salle commune, devant un poste de télévision. Personne ne s’occupait plus d’eux jusqu’à midi. Dans cette salle, tout le monde est mélangé. Pour ceux qui sont en bonne santé, le spectacle de la décrépitude des malades d’Alzheimer est vraiment triste. Pas étonnant qu’ils soient tous déprimés. Il ne se passait pas un jour sans que j’entende l’un des pensionnaires me dire: « J’ai envie de mourir. »
Les plus agités étaient carrément attachés à leur chaise; Un jour, j’ai voulu changer une dame qui avait fait sous elle; on m’a dit que ce n’était pas l’heure…
Alors qu’il faudrait passer du temps avec chacun, leur parler doucement, les écouter…

…Dans ces établissements, il n’y a pas assez de personnel. Les femmes qui y travaillent, mal payées, n’aiment pas ce qu’elles font, et je les comprends. S’occuper des personnes âgées à leur domicile, c’est tellement mieux! On n’est pas mieux payé, mais on peut prendre le temps de connaître la personne, de s’adapter à ses besoins. Dommage que la formule ne soit accessible qu’aux plus aisés.»

 
Extraits du témoignage d’ Aïda B., auxiliaire de vie, recueilli par Hélène Constanty, journaliste,
et  publié dans « L’EXPRESS » du 18/04/2005.

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Arrêtons de penser pour les gens.

Dans le formation, le plus important n’est pas d’apprendre aux professionnels à gérer les besoins des personnes âgées, mais c’est leur apprendre à respecter les choix de ces personnes. Trop souvent elles sont priées d’entrer dans des réponses toutes préparées. Il ne faut pas agir pour les personnes âgées, il faut agir avec les personnes âgées. Il nous faut arrêter de penser pour les gens.

                                                    Florence Leduc

Florence Leduc est responsable et formatrice à l’UNASSAD (Union National des Associations de Soins et Services A Domicile)

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Lettre d’une personne âgée à son enfant devenu grand.

« A mon fils…a ma fille…

La journée où tu trouveras que je suis devenu trop vieux où vieille, essaie d’avoir de la patience envers moi et essaie de me comprendre.

Si je me salis en mangeant…si j’ai de la difficulté à m’habiller…sois patient(e)…!

Souviens-toi des heures que j’ai passées à t’apprendre toutes sortes de choses quand tu étais petit(e). Si je répéte la même chose des dizaines fois, ne m’interrompt pas! Ecoute moi! Quand tu étais petit(e), tu voulais que je te lises la même histoire, soir après soir, jusqu’à ce que tu t’endormes. Et je l’ai fait!

Si je ne me lave plus aussi souvent sous la douche, ne me réprimande pas et ne me dit pas que c’est une honte. Souviens-toi combien d’excuses je devais inventer pour te faire prendre un bain quand tu étais petit(e).

En voyant mon ignorance vis-à-vis des nouvelles technologies, ne te moque pas de moi, mais laisse-moi plutôt le temps de comprendre. Je t’ai appris tant de choses : bien manger, bien t’habiller, bien te présenter, comment affronter les problèmes de la vie…

S’il m’arrive  l’occasion, de manquer de mémoire ou de ne pouvoir suivre une conversation, laisse-moi le temps nécessaire pour m’en souvenir…et si je n’y parviens pas, ne deviens pas nerveux(se) et arrogant(e), car le plus important pour moi, c’est d’être avec toi et de pouvoir te parler.

Si je refuse de manger, ne me force pas! Je sais très bien quand j’ai faim et quand je n’ai pas faim. Quand mes pauvres jambes ne me permettront plus de me déplacer comme avant, aide-moi de la même manière que je tenais tes mains pour t’apprendre à faire tes premiers pas.

Et quand un jour, je te dirais que je ne veux plus vivre… que je veux mourir…ne te fâche pas, car un jour tu comprendras aussi à ton tour! Essaie de comprendre qu’à un certain âge, on ne vit plus vraiment, on survit simplement!

Un jour, tu comprendras, que malgré toutes mes erreurs, j’ai toujours voulu ce qui était le mieux pour toi et que je te préparais le terrain pour quand tu serais grand(e).

Tu ne dois pas te sentir triste, malheureux(se), ou incompétent(e) face à ma vieillesse et à mon état. Tu dois rester prés de moi, essayer de comprendre ce que je vis, faire de ton mieux comme je l’ai fait à ta naissance.

Aide-moi à marcher…aide-moi à terminer ma vie avec amour et patience. La seule façon qu’il me reste pour t’en remercier, c’est un sourire et beaucoup d’amour pour toi.

Je t’aime… mon fils…ma fille… »

Texte d’un auteur inconnu

En  recopiant cette lettre, j’étais très emue, et je me dis qu’avec du respect, de l’amour et de la patienc nous pouvons éviter cela.

Liseuse

 

 

 


Un commentaire

  1. Jean Claude dit :

    Coucou Sylvie, j’ai en effet reconnu certains passages de ce blog !!

    Il ne manque pas d’un certain style et j’aime beaucoup la chronologie du menu.
    Ainsi que le contenu des articles, très complet et bien documenté. Félicitation.

    Toutefois, une question se pose à moi lorsque je lis ta réaction à cette superbe « Lettre d’une personne âgée à son enfant devenu grand ». Pourquoi dis-tu que nous pourrions éviter cela. N’est-ce pas, au contraire, une lettre pleine d’espoir et d’attente de la maman qui nous demande d’appliquer ses paroles en revenant sur son expérience du passé. Elle nous fait prendre conscience de tout ce qu’elle a fait pour son enfant en mettant en parallèle l’aube et le crépuscule de la vie. Il me semble plus sage non pas d’éviter mais d’appliquer cela, au contraire. Qu’en penses-tu ??

    Bisous

    Jean Claude
    ——————————–Liseuse——————————————————————————
    Coucou Jean Claude

    Tout d’ abord laisse moi te dire merci d’être passer sur mon blog.
    Ensuite, pour ta question, je me dis que tu n’as pas tort, bien vu. Moi tu vois, quand j’ai lu cette lettre la première fois, je me suis dis que c’était injuste pour cette maman de devoir écrire une lettre à son enfant pour lui faire comprendre des « choses ». Car au fond de nous, nous savons tous cela, non? Cette lettre superbe m’a, je pense, tellement émue que je n’ai voulu, que voir de la tristesse, possible aussi.
    En y réflechissant, ne peut-on pas l’interpréter des deux manières? Dommage que l’on ne sait pas dans quel état d’esprit cette lettre a été écrite.

    Bisous
    Sylvie

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